“La sélection manque beaucoup de caractère”

L’ancien international marocain Youssouf Hadji est apparu cette semaine dans un Space Twitter en interview publique avec la rédaction de DM Sport. Plusieurs points furent soulevés dont des anecdotes au cours de sa carrière ou de son opinion sur le football marocain actuel.

L’avis Hadji sur la rencontre Maroc – RDC

Youssouf Hadji a également assisté aux matchs barrages de la qualification à la Coupe du monde 2022. Avec une victoire de 4-1 face aux Léopards, les Marocains ont assuré une place au Qatar. Youssouf Hadji cite : “Quand tu gagnes 4-1, ça peut être que bien. Il y a eu de belles surprises : Ounahi, Tissoudali et El Kaabi. J’ai très bien aimé ces joueurs. Il y a de bonnes attitudes dans cette équipe et je suis satisfait de ce match. On s’en est bien sorti avec le 1-1 face à la RDC au match aller.

Les abonnés ont eu droit à une analyse en direct du finaliste de la CAN 2004. Il décrit des éléments actuels comme indispensables en sélection. “Sofyan Amrabat est aujourd’hui le joueur indispensable en sélection. C’est lui qui gère tout au milieu, aussi bien physiquement que techniquement. C’est le Safri qu’on avait avant. Il nous manque beaucoup d’athlètes comme ça.” Il poursuit : “La génération 2018 tu avais des guerriers. Aujourd’hui, nous sommes un peu plus fragiles. On manque de caractère. Il faut des joueurs qui s’affirment un peu plus. Tu vas rencontrer des équipes d’Europe et d’Amérique du Sud en Coupe du monde. Il y a un travail à faire sur cela. Je pense que la fédération le sait très bien et va faire ce qu’il faut.

Il est désormais difficile pour Youssouf Hadji de conseiller les joueurs actuels. Youssouf Hadji semble avoir gardé ses contacts uniquement avec les joueurs de sa génération. Il conclut : “Je n’ai aucun contact avec la génération actuelle.

Le cas Ziyech & Mazraoui

Hakim Ziyech et Noussair Mazraoui ont récemment fait un communiqué sur leur réseau social Instagram, confirmant leur non-présence dans la liste de Vahid Halilhodžić pour les matchs de barrages face à la République démocratique du Congo. Youssouf Hadji garde tout de même espoir en ces joueurs, tout en restant ferme : “Mazraoui et Ziyech ont été clairs sur le fait qu’ils ne veulent pas revenir. C’est dommage. C’est des joueurs que j’aime voir jouer. J’ai pu côtoyer Mazraoui lors d’un stage avec les U23. Mazraoui c’est un joueur qui ne parle pas avec beaucoup de personnes mais lors des jours de match, il est toujours le meilleur. C’est dommage de se passer des joueurs comme ça. Ils veulent plus revenir tant que le coach est encore là.

Quelle pourrait être la solution à ce problème ? Youssouf Hadji a peut être une idée et évoque l’action du premier pas : “Si aujourd’hui ils veulent revenir, c’est à eux de faire le premier pas car c’est eux qui ont décidé de ne pas venir. Ils restent des Marocains et la porte de la sélection restera toujours ouverte.

Qu’est-ce qui coince pour un sacre ?

Une question pertinente fut posée par un auditeur à Youssouf Hadji lors de l’interview publique sur Twitter, celle de l’impossibilité à remporter un titre. L’ancien international déclare à ce sujet : “C’est plus un problème de régularité. On est capable de battre le Brésil demain et de perdre ensuite contre l’équipe la plus faible d’Afrique. C’est ça qu’on doit travailler. La qualité du Maroc c’est la technique. On manque de puissance mais ça se travaille à long terme. Au niveau de la force, on a des lacunes pour pouvoir rivaliser physiquement avec les pays subsahariens. Il faut être beaucoup plus réguliers.

Un oeil sur les botolistes

Youssouf Hadji reconnait que la Botola Pro s’est remarquablement amélioré par rapport aux années précédentes. Il explique : “Avant, la Botola n’était pas professionnel comme aujourd’hui. Aujourd’hui, l’infrastructure peut limite rivaliser avec l’Europe.

Il poursuit : “Dans les années 1998, la majorité c’était des botolistes qui s’imposaient en Europe. Naybet ? On en parle même pas ! Sans oublier Safri, El Karkouri et tout le reste. Aujourd’hui, les botolistes doivent se montrer en équipe nationale, qui leur permettra ensuite de jouer en Europe. Ce qui nous manque aujourd’hui ce sont des joueurs qui connaissent les 2 continents. Un Badr Benoun ou Rahimi j’aurais bien aimé les voir à l’Olympique de Marseille ou au FC Porto par exemple. Ayant leur qualité, j’aurais pas signé en Egypte ou dans les pays du golfe. En tout cas, ça reste leur choix personnel.

Le choix international

Récemment, plusieurs joueurs binationaux ont fait le choix de représenter le Maroc ou leur pays natal européen, comme ce fut le cas pour Mattéo Guendouzi (France), Brahim Diaz (Espagne) ou encore Abde Ezzalzouli (Maroc). Youssouf Hadji est ferme à ce sujet et ne mâche pas ses mots. Il cite : “Moi ce qui me dérange, c’est les binationaux qui attendent de voir si ils peuvent jouer pour la France, la Belgique ou les Pays-Bas. Ce sont des choses qui m’énervent.” Il poursuit : “Si tu veux jouer pour la Belgique, dis le directement et on te laissera tranquille. Les conditions qu’il y’a actuellement au Maroc sont au niveau européen. Si tu choisis le Maroc c’est avec le cœur et pas par stratégie. Je suis très ferme sur ça.

Abdessamad Ezzalzouli fait partie de ces joueurs qui ont « hésité ». Le jeune hispano-marocain a préféré rester en Espagne aux dépens de la CAN 2022 pour assurer sa place de titulaire au FC Barcelone. Il a été remplacé par le nouveau Tarik Tissoudali. Cependant, Youssouf Hadji n’y voit aucun inconvénient : “Abde c’est une autre histoire. Quand tu commences à être titularisé au Barça et que tu es appelé en même temps, je peux encore le comprendre. Il faut le laisser gagner sa place.

Les pépites de l’avenir

Une grande génération pétrie de jeunes talents attend l’équipe nationale. Youssouf Hadji en est conscient et n’a pas hésité à nous faire part de ses deux joueurs qu’il suit actuellement : “On a une belle petite génération. On a toujours eu d’excellents joueurs en équipe nationale. Il faut avant tout mettre des joueurs qui savent jouer ensemble afin de créer une équipe. J’aime beaucoup Nabil Alioui du Havre, mais également Sabir Bougrine qui joue à l’Espérance de Tunis. Ce sont des joueurs qui ont l’habitude de la pression.

Une description détaillée a été faite par Youssouf Hadji sur chacun de ces joueurs. Il déclare à propos de Sabir Bougrine : “C’est un joueur que j’ai connu à Paris FC. Mécha Baždarević (ancien entraîneur de Bougrine) m’a dit que c’était un joueur extraordinaire. C’est de là que j’ai commencé à le suivre. Il a pris un peu de retard dans sa carrière. Il a ensuite été présélectionné trois ou quatre fois sous Vahid. Mais il n’a jamais été pris dans les listes définitives.” Il poursuit : “Là il joue à l’Esperance de Tunis et ça se passe très bien. Un joueur d’Europe qui arrive comme ça dans un pays africain c’est toujours très compliqué.

Concernant Nabil Alioui, il explique : “Je suis beaucoup la Ligue 2 pour l’AS Nancy-Lorraine et Le Havre. Nabil Alioui c’est un joueur qui porte l’équipe du Havre à ses épaules. Je me fais pas de soucis pour lui si il continue comme ça. C’est un joueur qui marque des buts. Je le recommande à l’équipe nationale. J’ai aussi commencé en Ligue 2 donc il fallait que je fasse mes preuves. La seule façon de me montrer c’était d’être bon et de marquer. C’est exactement ce que parcours le joueur actuellement. Si il continue comme ça, on le verra très vite en équipe nationale.

Un autre prodige, cette fois-ci de la formation de l’AS Nancy-Lorraine, est également évoqué par Youssouf Hadji, notamment Neil El Aynaoui (20 ans). Il déclare : “Neil fait aussi une très bonne progression au Havre. Je connais son père et il gère très bien son fils. C’est un garçon très bien éduqué mais surtout travailleur. Quand tu possèdes ces qualités là, c’est un bon signe pour la suite.

Hadji et les rumeurs de transferts

Après avoir enchaîné des matchs de Ligue 1, notamment avec l’AS Nancy-Lorraine ou encore le Stade Rennais, Youssouf Hadji prend une décision importante dans sa carrière et s’engage à Al Arabi (Qatar) à l’âge de 32 ans. Cependant, tout ne s’est pas passé comme prévu. Il déclare : “Là-bas? Ce n’était pas stable. C’était un coach français qui m’avait ramené. En une saison, on a eu trois entraîneurs différents. Sans parler du troisième qui avait pris des décisions bizarres. Il voulait uniquement recruter des joueurs égyptiens.” Youssouf Hadji y dispute seulement quatre matchs avant de trouver un club en Turquie. Il signe en 2013 à Elazığspor. Il explique : “En Turquie? C’était à peu près pareille. Nous avons eu trois à quatre entraîneurs en huit mois. Mais le public était magnifique là-bas.

Au cours de sa carrière, Youssouf Hadji n’a pas enfilé le maillot d’un top 3 de Ligue 1. Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y a eu aucun intérêt. Lorsqu’il jouait à l’AS Nancy-Lorraine, l’ancien attaquant confirme l’intérêt de plusieurs géants de France : “Avec le PSG et l’Olympique de Marseille, c’était du concret. Mais ça ne s’est malheureusement pas fait.

D’autres rumeurs ont également fait leur apparition en fin de carrière, notamment un possible transfert vers le championnat marocain. Youssouf Hadji confirme et dément : “Beaucoup de fausses rumeurs circulaient sur moi au Maroc. Le Raja Casablanca ne m’a jamais approché. Le seul club qui a montré de l’intérêt au Maroc c’était le Wydad.